La Cour d'Assises est en deuil. Elle a perdu une fois de plus quelques hommes et femmes de notre bon peuple. Comme corps qui se viderait de son sang, comme un Etat qui se viderait de sa population, elle se vide de ses jurés populaires, du bon sens citoyen, de l'idée que l'on peut juger sans être juriste.
La Cour d'Assises, telle une vieille personne, se fatigue et agonise.
Si jeune à la Révolution Française, si pleine du désir du peuple, elle jouissait d'être prise par la souveraineté populaire et s'enorgueillait, à son bras, de rendre une Justice de pairs.
C'était, en France Monarchique, la France d'en haut qui jugeait la France d'en bas, c'est devenu en France République, les citoyens de tout âge, toute profession, toute religion, qui jugent les accusés, de tout âge, toute profession, toute religion.
Les jurés issus du peuple sont des esprits libres du droit, libres du déjà vu, des primo-accédants à la justice, sans ambition, sans ordre hiérarchique, sans pression de l'institution judiciaire, sans être lassés, faisant preuve le plus souvent d'une grande écoute, de bon sens, et d'humanité afin de juger avec le sérieux de leur serment des hommes et femmes accusés de crimes aux côtés de juges professionnels.
La Cour d'Assises culpabilise. Le choix d'assassiner le peuple en son sein est uniquement mercantile.
Elle plaide coupable, elle a agi par appât du gain. Gageons que sa sentence soit adaptée et qu'elle puisse rapidement entamer son processus de réinsertion de la société en ses murs.